Mars / Jean-François Pauvros + Makoto Kawabata

UGS : prl002

10,00

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Deux guitares électriques suffisent pour partir dans l'univers

Jean-François Pauvros
Guitariste, l’homme de l’acte et de l’amour. Inclassable, bien entendu. Après avoir quitté les bals, il s’est explosé en tant que guitariste du group Catalogue (avec Jacques Berrocal et Gilbert Artman), puis a traversé le monde à l’affut de rencontres avec, entre autres, Arto Lindsay, le guitariste Noël Akchoté, RED, Evan Parker, Aki Onda, les poètes Charles Pennequin et Gozo Yoshimasu… Il se montre également comme chanteur de blues dans le group de Jonathan Kane des Swans, chanteur incantatoire avec Keiji Haino, jusqu’à la chanson populaire avec la reprise de « Mon homme »… Avec Makoto Kawabata, il révèlent à la fois son esprit rock’nroll et la retenue du poète, muni d’une force d’expressions très diversifiées.

Jean-François Pauvros
Guitarist, man of action and of love. Unclassifiable, of course. After leaving the danceclub, he exploded onto the scene as the guitarist for the group Catalogue (with Jacques Berrocal and Gilbert Artman), before traversing the world in search of encounters with the likes of Arto Lindsay, Noël Akchoté, RED, Evan Parker, Aki Onda, poets Charles Pennequin and Gozo Yoshimasu… He proves himself as well as a singer of the blues with Jonathan Kane from The Swans, a singer of incantations with Keiji Haino, going as far as pop music with his cover of « Mon Homme »… With Makoto Kawabata he simultaneously reveals his rock’n’roll spirit and his poetic restraint, equipped with an extremely diverse force of expression.

Makoto Kawabata
Guitariste, à l’instrument greffé à la peau. Furieux meneur d’hommes au sein du groupe Acid Mothers Temple, compositeur impétueux à la virtuosité entre musique contemporaine, hard rock (ses premières influences étant Stockhausen et Deep Purple) et la musique traditionnelle (son amour des Troubadours), il a joué avec David Allen de Gong, Damo Suzuki, André Minvielle… Bien qu’ayant expérimenté plusieurs instruments (synthé, instruments faits maison, violon, sitar…), c’est sans doute à travers sa guitare électrique qu’il transmet le plus fermement le son qu’il appelle « cosmos » au fumet si entêtant. Lorsqu’il joue avec JF Pauvros, ils tendent vers l’ivresse et délivrent avec leurs seules guitares un style à la couleur unique.

Makoto Kawabata
Guitarist, with his instrument grafted onto his skin. Furious leader of men at the heart of the group Acid Mothers Temple, impetuous virtuoso composer somewhere between contemporary music, hard rock (his first influences being Stockhausen and Deep Purple) and traditional music (his love for the Troubadours), he has played with David Allen of Gong, Damo Suzuki, André Minvielle… Although he has experimented with several other instruments (synth, homemade instruments, violin, sitar…), it is undoubtedly through his electric guitar that he expresses most firmly the heady aroma of the sound he calls « absolute ». When he plays with JF Pauvros, they stretch themselves to the point of intoxication and deliver with their guitars alone a style and colour that is completely unique.

Photo : Maki

Mars
Part 1 09’23
Part 2 10’34
Part 3 12’58
Part 4 17’55
Part 5 10’49

recorded by Tahar Boukhlifa at Studio Campus, Paris
photo front & inside : Jean-François Pauvros
photo back : Maki
photos booklet :Jean-François Pauvros & Makoto Kawabata

Reviews

Mouvement (France)

Plus radical et plus économique qu’un voyage dans l’espace par la Nasa, Mars, le nouveau disque du duo Jean-François Pauvros / Makoto Kawabata continue leur épopée sonique dans le système solaire et la musique improvisée qui lui est propre, assez rock aux entournures, et humaine, trop humaine. A suivre les 1er et 2 décembre sur scène, à Paris et Toulouse.

Deux guitaristes qui arrivent à se fondre pour ne faire plus qu’un, voilà ce qu’arrivent à faire Jean-François Pauvros et Makoto Kawabata ensemble, tant leur musique paraît déliée et coulante d’une seule source, chercheuse et ineffable, mais irréductible aux convenances des genres musicaux. Tous deux sont anciens guitaristes de groupes cultes – Catalogue et Acid Mothers Temple –, tous deux sont habitués à jouer avec la crème des musiciens de la scène expérimentale du rock et des musiques improvisées, d’Arto Linsday à Damo Suzuki en passant par Sonic Youth et Keiji Haino. Et quant ils se retrouvent ensemble, ils témoignent de leur époque avec la grâce et l’étrangeté propres aux âmes violentes et sensibles qui ont des choses à dire avec la mesure de la démesure. Sur Mars donc, après Venus il y a deux ans, la voie lactée est explorée par des six cordes qui klaxonnent au diaprée et à l’inconnu. Un nouveau disque qui peut s’écouter comme de la musique à la recherche des étoiles et des mystères autant qu’une vibrante évocation en lamento du dieu de la guerre et de son éternel retour. Car il s’agit bien là de musique spatialisée, où les motifs des deux guitares s’étirent et se transforment, passant du cristallin au blême, du fragmenté au ralenti, construisant un agencement du cosmos qui serait un continuum onirique poignant. Ces longues plages instrumentales qui jouent jusqu’au vertige avec l’expectative et ses aspérités bruitistes parviennent à une architectonie des profondeurs dans laquelle le rapport entre l’espace et la matière est en constante évolution, menacé par le chaos en gestation. En fait, il s’agit pour les deux musiciens de construire une forme à partir de l’informe, de partir du postulat de deux guitares en interaction pour créer un langage et un univers en constante formation et dilution, imprévisible et inattendu pour tous, à commencer par ses deux créateurs, jusqu’à ce que le disque s’achève et qu’un monde grouillant et sidérant se dérobe avec lui.

Romaric Gergorin

dMute.net (France)

Sur Mars, les guitaristes Jean-François Pauvros (ex Catalogue) et Makoto Kawabata (membre d’Acid Mothers Temple) livrent cinq improvisations inquiètes, au trouble tenant d’une évidence bruyamment mise au jour.

D’abord paisible, la confrontation distribue quelques grésillements sur des nappes effleurées à peine (Part 1) jusqu’à ce que les intentions vacillantes se fassent plus concrètes. Les turbulences et les charges virulentes de Part 2 orientent alors le propos de Mars vers la découverte d’une zone de perturbation bruitiste sur laquelle deux couches de guitares rivalisent de trouvailles (Part 3).

Une fois sortis de la faille béante, Pauvros et Kawabata se contentent d’enfouir des craquements minuscules et des larsens lointains (Part 4), puis adressent un peu au hasard des cris déchirants et ultimes, amas de propositions dernières en guise de conclusion essoufflée (Part 5).

Tenant les promesses d’un duo d’exception, le disque sublime les visions musicales de chacun des deux guitaristes : Jean-François Pauvros et Makoto Kawabata, expérimentateurs bruitistes et révélateurs d’une ambient aussi éclatante que perturbée.

Grisli

Mille-feuille.fr (France)

La collaboration entre Jean-François Pauvros (Marteau Rouge, Catalogue…) et Makoto Kawabata, le leader allumé du collectif beat Acid Mother Temple n’est pas surprenante : les deux guitaristes sont des personnages absolus, avec à leur actif une carrière dans le domaine de la radicalité et un florilège de collaborations pour le moins prestigieuses. Mars n’est donc pas une première, c’est en fait la deuxième fois (après Vénus en 2004) que ces deux énergumènes de la guitare éléctrique se rencontrent.
Dans une veine comparable à Vénus, la progression de l’album s’opère dans une semi-obscurité teintée, comme on pouvait s’y attendre, de psychédélisme, de voix fantômatiques, d’ambiances bizarres truffées de sons de guitares qui surgissent comme des hallucinations. Le duo flirte avec le silence et ménage admirablement ses foudres. Les racines free de Pauvros n’ont pas disparu de son jeu, elles surgissent par saccades, augmentant la tension au fil du disque, et cisaillant avec force les nappes alchimiques de Kawabata. Ces deux personnages sont étranges et leur musique est à leur image. Le disque est une expédition rampante dans un univers lointain parsemé de pièges, sur lequel on pourrait apercevoir, au détour d’un col, quelques empreintes de guitares laissées sur le sol.
Mars est la deuxième sortie du jeune label Prele qui compte déjà deux autres réussites : Anla Courtis-Kouhei Matsunaga et Denis Tricot-Eric Cordier. Prele est soutenu par l’association franco-japonaise Kokeko. Le label s’annonce lui-même comme celui des esprits robustes, des idées simples et absurdes, des sons concrets et des belles mésententes. Jusqu’à maintenant le pari est réussi.

Benjamin A.

Octopus (France)

Si certains auditeurs étaient peut-être restés sur leur faim suite à la performance live mitigée de Jean-François Pauvros et Makoto Kawabata aux Voûtes parisiennes en février dernier, l’écoute de la version discographique de leur projet Mars emportera sans doute davantage l’adhésion. Repliés dans leurs retranchements électriques, leurs ébats chaotiques, les deux guitaristes semblent successivement s’épier, se jauger, se confronter, se mélanger, avant de reprendre certaines distances troubles, tout au long des cinq plages sinueuses qui emplissent l’espace quasi-stratosphérique de Mars. Immédiatement, l’écoute se fixe en effet sur l’exercice de haute amplitude qui semble habiter (dans le sens de posséder) ces deux instruments suspendus dans un vacuum sonore distendu, glissant sur des pistes fébriles et vertigineuses, débarrassé de toute sensation d’apesanteur. Etiré entre grincement et densification de la molécule son, le jeu de duettiste de Jean-François Pauvros et Makoto Kawabata dépasse avec force la notion de dialogue pour atteindre des degrés d’échange vociférant, d’amplitude démente, cristallisant sous la forme d’une schizophrénie musicale les signes tangibles d’une perturbation sonique en gestation. Si les sons étaient des mots, on imaginerait entendre là les échos déments d’une conversation tumultueuse entre un Cioran et un Antonin Artaud. Autant dire, les bribes d’une quête déchirante qui lézarde l’écoute et l’esprit.

Laurent Catala

Chain D.L.K (Italie)

Guitarists Jean-François Pauvros (who has collaborated with the likes of Arto Lindsay, Keiji Haino and Noël Akchoté) and Makoto Kawabata (of Acid Mothers Temple, ‘f course) met this year for a European tour, and recorded this 5-track, 61’40 » album in Paris. I wonder if they ever met before, because the sinergy between the two is remarkable. Both mostly play their guitars with a bow, with or without effects, and the result is, well, as trippy as you’d expect from a modern psychedelic troubadour like Makoto. The first three tracks almost sound like movements of a larger piece, as they display a rising climax: from the moody and subdued bowings of the first one, through the increasing screeches of track 2, to the electric storm of of the third one, where the wailing feedback eventually settles to a metallic cloud, as rich in tones as an organ drone. After such a progression, the other two tracks naturally tend to add more of the same, but it’s a sturdy addi(c)tion. After collapsing to near silence, the fourth performance weaves drones sounding like distant passing cars, then transfigured by delays and loops in a cosmic broth, which soon leads to another distorted crescendo. Hendrix’s ghost is finally summoned in the last track, with the more aggressive, electric and « rock » elements ebbing and flowing in an exhausting wall of sound. Even if cosmic ’70’s guitars are not your cup of tea, you’ll probably find yourself guilty of a few air-pick up/air pedal, until some orgasmic scream closes the album.

Eugenio Maggi

Avis

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